Thursday, 18 February 2010


La Somn...


La représentation de la Somnambule avec Natalie Dessay a été interrompue sans vergogne au retour de l'entracte jeudi 18 février. Il faut dire que la première partie n'était déjà pas très glorieuse: une diva présentée comme « très souffrante » qui ne poussait pas trop la note et qui jouait visiblement le cachet; une mise en scène burlesque mais malheureusement pas de manière volontaire; un décor art-déco sympatoche mais que l'on sent mal-t-à-propos. Cela sentait le roussit. Le retour de l'entracte tourna au mauvais vaudeville: « Natalie Dessay est aphone » nous dit-on, la deuxième partie est donc annulée. Comme je n'avais pas d'oeufs à lancer sur scène pendant le spectacle, j'ai décidé de me venger après-coup en finissant cet article « à la mode de » l'Opéra National de Paris, c'est-à-dire en annulant la deuxième partie de mes phrases:


Ce soir, l'Opéra et Natalie Dessay se sont vraiment foutu de notre...
Surtout quand les places coûtent la peau du ...
Un manque total de professionnalisme, indigne de l'...
On se serait en effet attendu à un minimum de gestion du risque comme cela est...
D'autant plus que Natalie Dessay est souffrante depuis au moins...
Laisser le public raquer au bar à l'entracte alors que l'on sait qu'il n'y aura pas de reprise n'est qu'une vaste...
A l'adage « the show must go on », l'opéra nous répond clairement « Go f**

En résumé, tout cela frise la manipulation financière et espérons que l'Opéra aura la décence de ...




La Sonnambula de Vincenzo Bellini
A l'Opéra Bastille le 18 février 2010

Avec:
- Evelino Pidò, Chef d'orchestre
- Marco Arturo Marelli, Mise en scène
- Michele Pertusi, Il Conte Rodolfo
- Cornelia Oncioiu, Teresa
- Natalie Dessay, Amina
- Javier Camarena, Elvino
- Marie-Adeline Henry, Lisa
- Nahuel Di Pierro, Alessio

Thursday, 19 June 2008


Swindon is our next station stop

A moitié endormi dans le train en route vers Bristol, j’entends le contrôleur annoncer au micro « ladies and gentlemen, Swindon will be our next station stop ». Next station stop ? La formulation me taquine les oreilles. Pourquoi donc ne pas simplement dire next stop? N’est-ce pas dans une gare que les trains sont censés s’arrêter ? Et puis je me dis finalement que l’esprit anglais est très subtil car, par cette expression, le contrôleur a laissé entendre toute l’imprévisibilité des trains de son pays. Petite madeleine de Proust qui me replonge dans mes expériences ferroviaires britanniques...

Il faut avouer qu’en Albion les trains ont une multitude de raisons pour s’arrêter en pleine voie. Traditionnellement, deux excuses – si j’ose dire indéboulonnables – sont les signal failure et point failure (respectivement, incidents de signalisation et d’aiguillage). En seconde position, l’enfer étant les autres, on est souvent retardé en arrivant en gare par un train devant nous qui est lui-même retardé par un train devant lui qui est lui-même, etc.

Le climat est une riche source de retards. En cas de pluie, ce sont les flooding(inondations), qui ont le mérite supplémentaire de ne pas faire partir les trains du tout. Après la pluie, on peut avoir les landslides (glissements de terrain) quand la terre n’a pas encore bien digéré toute cette eau. En automne, des trains sont parfois annulés due to leaves on the tracks (des feuilles sur les voies). En hiver, Railtrack ne donne généralement pas d’explication ; que voulez-vous, l’hiver c’est l’hiver !

Dans la catégorie « rare mais So British », un train annulé à Paddington car ils n’ont pas été en mesure de trouver un conducteur (panne de réveil ? Erreur de planning ?). Dans la même catégorie, le train ne peut plus avancer car le pont soutenant les rails menace de s’écrouler suite à un camion un peu trop gros qui a tenté de forcer le passage sous ledit pont.

Pour finir, une situation Monthy-Pythonesque un vendredi de bank holiday alors que la gare de Bristol Parkway ne voyait plus aucun train ni au départ ni à l’arrivée (après quelques messages contradictoires du personnel, on finit par comprendre que la foudre s’était abattue sur un boitier de signalisation). Je m’en vais enquêter au bureau d’information pour savoir s’il me restait un espoir de rentrer sur Londres. La dame me répondit gentiment : « Well, I can’t obviously tell you what’s going to happen in 20 minutes but... ». Le burlesque de sa réponse me fit sourire. J’avais certes envie de lui répondre « Wait a minute, that’s what you’re paid for! », mais cette dame était compatissante et (malheureusement) sincère donc je me suis abstenu de toute remarque déplacée.

Wednesday, 18 June 2008


L'amour garantie par contrat

Une pub dans le métro londonien affiche sans vergogne son penchant pour le consumérisme sentimental: « Find love or your money back ». Il s’agit de Dating Direct (la version britannique de Meetic) qui donc nous garantit par contrat rien de moins que l’amour. Le "satisfait ou remboursé" pouvait se faire pour les yaourts ou le papier toilette, Dating Direct nous l'offre maintenant pour le big love.

Malheureusement, les termes et conditions ne poussent pas le vice jusqu'à nous définir ce qu'est l'amour. J'aurais aimé savoir comment leur esprit corporate aurait pu trancher sur ce sujet philosophique. Par contre, on nous y explique précisément comment prouver que l'on est en "recherche active" pour sortir du chômage amoureux. Il faut chaque mois et pendant 12 mois envoyer 30 courriels personnalisés et 10 invitations à passer le test "Dating Direct" d'affinité élective, soit 360 CV et 120 demandes de formulaires! Si l'ANPE avait de tels critères pour exclure les demandeurs d'emploi, la France aurait certainement un chômage proche de 0%.

Monday, 13 August 2007


Les Grandes Eaux Nocturnes - Chateaux de Versailles (11 août 2007)

Les Grandes Eaux nocturnes, c'est ce que l'on pourrait appeler la Parade Électrique du Château de Versailles. Certes, ce n'est pas tout à fait comme Disney mais on ne peut s'empêcher de faire le parallèle. Tout d'abord, ça fourmille de monde: du touriste, de l'autochtone, du short, de la basket, de l'appareil photo, du sac-à-dos... Ensuite, les Grandes Eaux proposent un spectacle son et lumières, avec en plus des odeurs*, des fumigènes et ... des eaux (grandes de préférence).

Passons rapidement sur ce qui menace de faire échouer la magie du spectacle: l'installation sonore. Au bout de 3 heures de promenade dans les jardins, nos oreilles sont plus qu'épuisées par l'ambiance musique post-contemporaine**. D'accord, on aurait taxé le spectacle de kitsch et de mauvais goût si une musique baroque avait été programmée. Mais de là à se coltiner du kitsch pseudo-intellectuel!

Grandes Eaux Nocturnes de Versailles
Le reste m'a beaucoup plu. Moi qui connais très mal les jardins de Versailles, je me suis laissé séduire par l’aspect ludique d’une découverte nocturne. De bosquet en bosquet, cherchant le prochain ilot lumineux, on avance vaguement perdu dans le dédale versaillais. Beaucoup collaient d’ailleurs leurs plan des jardins contre les lampadaires afin de pouvoir y discerner quelque chose, espérant ainsi retrouver leur chemin.

Le premier arrêt incontournable doit être accordé au Bosquet des Bains d’Apollon. Les lumières animées projetées sur la grotte, les statues et les arbres alentours créent une atmosphère envoutante et irréelle.

Le Bosquet du Jardin du Roi est un autre point phare de la visite. En son milieu sont disposées des boules à facettes qui engendrent une myriade de rayons achevant leur course sur les arbustes du bosquet. Je ne saurais trop conseiller de faire le tour complet du bosquet pour en admirer les effets, en particulier sur la colonne.

Adjacent au Jardin du Roi, le Bassin du Miroir offre un rideau d’eau sur lequel est projetée l’image des globes de Coronelli offerts à Louis XIV et que l’on a pu observer (en vrai) lors de la réouverture du Grand Palais.

Le Bosquet de l’Encelade est aussi habilement mis en valeur. La statue de Gaspard Marsy est en elle-même d’une force saisissante : elle représente le géant Encelade englouti par les rochers. Pour les Grandes Eaux Nocturnes, un nuage de fumigènes envahit le sol esquissant une ambiance fantomatique.

Le spectacle se termine vers les 23h30 par un feu d'artifice, qui mérite d'être vu indirectement, dans le reflet des vitres du splendide Château de Versailles fraîchement restauré.

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* pêche, melon et fraise selon les organisateurs, Air-Wick selon la police
** qui a en plus le désavantage d'être extrêmement fort

Tuesday, 10 July 2007


Le Chanteur de Mexico - Théâtre du Chatelet (1er juillet 2007)

Quel plaisir d’assister à la dernière d’un spectacle car, comme on dirait à la Star Ac’, les artistes peuvent tout donner ce soir là. Peut-être que cette version du « Chanteur de Mexico » comporte quelques faiblesses, mais elle remplit haut la main son contrat puisqu’on en ressort avec l’envie d’y retourner, de (re)découvrir Francis Lopez et de courir acheter le disque.


Le seul désir qui vous entraine
Dès qu’on a quitté le bateau
C’est de goûter une semaine,
L’aventure mexicaine,
Au soleil de Mexico



Mathieu Abelli prend un plaisir fou à être sur scène et à interpréter le chanteur de Mexico. Son enthousiasme et son énergie sont communicatifs. Ce jeune ténor en veut, cela se voit, et c'était un bonheur pour le spectacteur que je suis que de voir un artiste qui montre qu'il est heureux d'être là -- parvenant avec sourire et entrain à bisser son "Rossignol". Il y campe un Vincent léger et fluide qui nous fait apprécier la douceur de chacun des morceaux.

Et puis il y a la partition qui est à tomber ! Je dois avouer qu’a priori, en allant voir le Chanteur de Mexico, je m’attendais à une musique certes agréable mais un brin kitchouille et nostalgique. Quelle délicieuse surprise à l’écoute d’une musique pêchue et ... moderne! Les orchestrations de Thibault Perrine font scintiller la partition tandis que l’Orchestre National d’Ile de France sous la baguette dynamique de Fayçal Karoui nous transporte tout le long du spectacle. Sans oublier les chœurs qui donnent un relief incroyable à « Mexico ». J’exige donc que la production nous sorte rapidement un disque afin de pouvoir savourer encore et encore la réussite des arrangements musicaux.

Les décors kitchs à souhait participent aussi à la réussite du spectacle. Comment ne pas mentionner l’exquise débauche de couleurs du tableau de « Mexico, Mexico ». Malheureusement ce tableau nous est resservi au deuxième acte : si le premier service nous a mis des étoiles dans les yeux ; le second service avait un décevant goût de réchauffé. À côté de cela, le drapé bleu de « Maïtechu » enveloppe poétiquement l’interprétation suave de Matthieu Abelli et la double lune met en valeur le « Ca m’fait quelque chose » de Clotilde Courau.

Bon, il faut bien concéder que cette production du « Chanteur de Mexico » comporte quelques faiblesses. En premier lieu, la mise en scène qui m’a paru trop artisanale, presque parodique. Bien qu’ayant des pointures comme Rossy de Palma, Emilio Sagi est passé à mes yeux à côté du burlesque ou de l’espièglerie… Au point que certains effets m’ont cruellement fait penser à un spectacle de fin d’année estudiantine. Ainsi, le premier acte est bluffant et s’achève sur un « Mexico » jubilatoire, au dépend du second acte qui manquait de rythme alors qu’on attendait un crescendo*. L’espace semble bizarrement occupé et les chorégraphies nous paraissent en demi-teinte, voire bridée.

D’accord, on comprend à peine le quart de ce que dit Rossy de Palma. Mais cela importe-t-il vraiment ? On peut penser en effet qu’au fond dans ce genre d’opérette, l’histoire n’est qu’un prétexte : l’essentiel est l’exubérance, les paillettes, la mélodie. Je crois que c’est plutôt le manque de rythme dans la mise en scène qui nous fait perdre le fil de l’histoire au 2nd acte plutôt que les baragouinages excentriques de Tornada.

Enfin, je me permets tout de même de mettre un carte jaune au public. Je conçois parfaitement que Fayçal Karoui avait l'intention de faire chanter le public pour partager l'ambiance conviviale de cette opérette: c'était au contraire très bien vu. Je ne suis pas non plus regardant sur ceux qui applaudissent systématiquement avant la fin d'un morceau. De là à accepter sans broncher un public qui se permet de sortir appareils photos numériques et autres téléphones mobiles (avec option flash!) pendant la représentation... Je n'aime pas voir une myriade de petits écrans bleus portés à bout de bras pour prendre des photos évidemment minables. Cette ambiance "touriste" dans les salles de spectacle ne préfigure rien de bon (à quand pop-corns et enchiladas pendant les représentations?) et démontre un manque de respect pour les autres spectateurs.

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* comme le dit les paroles de « Mexico » :
Une aventure mexicaine
Sous le soleil de Mexico
Ca dure à peine une semaine
Mais quelle semaine et quel crescendo

Monday, 9 July 2007


À la Recherche de Joséphine – Opéra Comique (23 juin 2007)

Profitons des derniers spectacles abordables à l’Opéra Comique avant que la Saison 2007-2008 ne décuple les prix des places pour avoisiner celui de l’Opéra traditionnel. Et dire que la brochure 2007-2008 nous promeut une salle accessible au « public le plus large » ! Il en sera fini donc des bonnes places à 40 euros pour aller voir des œuvres phares comme « la Périchole » ou « la Veuve Joyeuse ». Je crains que la nouvelle politique tarifaire associée à un choix du programme plus élitiste ne voie sérieusement diminuer la fréquentation de cette salle populaire qui m’a fait passer de formidables moments de divertissement. Allez, j’irai peut-être voir « Porgy & Bess » cette année ; je devrai manger des pâtes à l’eau pendant un mois pour économiser le prix d’une place au poulailler mais bon... On ne sait jamais, peut-être que l’année prochaine ils vont confirmer la tendance et nous proposer des œuvres post-contemporaines Lituano-ouzbèkes pour 150 euros.

Profitant donc des derniers spectacles abordables, je suis allé voir deux fois le baroude d’honneur de Jérôme Savary « Looking for / A la recherche de Joséphine », prolongé en lieu et place de « Carmen 2, le retour ».

Il m’appelle sa p’tite bourgeoise
Sa tonkiki sa tonkiki sa tonkinoise


Lors de la première représentation, je pense que j’étais un peu mal luné : j’avais été un peu rebuté pendant le premier acte par les moments très didactiques et un peu monotones sur l’histoire du Jazz ; je n’avais pas vraiment non plus compris l’intérêt des grossièretés alignées en deux langues pendant le début du spectacle. Mais, la magie de Jérôme Savary et de la troupe dynamique a visiblement fait son effet lors du deuxième acte car j’en suis ressorti avec – oserai-je dire – la banane. La seconde représentation m’a quant-à elle complètement emporté !

On y voit sur scène des artistes complets : de la danse contemporaine et classique, du chant, de la comédie, des claquettes, de la descente de grand escalier, de l’éventail à plume et j’en passe. Merci donc, monsieur Savary pour ce dernier morceau de bravoure à l'Opéra Comique.

Wednesday, 9 May 2007


Conformitude 1 - Bravitude 0

A mon avis, les TSS ont eu tout faux ! Point de bruit de bottes qui se profile dans le lointain, point de presse muselée sous le joug du régime totalitaire, point de Gavroche mourant sur les barricades. Ce n’est pas là-dessus qu’il fallait s’égosiller. Si elle a lieu, la « rupture » ne sera pas chaude, elle sera tristement froide et plate comme la lecture d’un compte de résultat analytique.


Le vote de dimanche dernier montre surtout une certaine résignation des français: le peuple « Astérix », qui semblait résister jusqu'alors à l’invasion de l’économie libérale a finalement décidé de jeter l’éponge et de se conformer au moule métro-boulot-dodo. C'est dommage, à la bravitude succèdera la conformitude.

Pour illustrer cet état d’esprit, une petite pépite venue de Londres. Un article du Guardian (encore un)  plein d'humour et qui analyse de manière percutante ce que je n'aurais pu que péniblement dire:

Goodbye to la belle France?
http://www.guardian.co.uk/france/story/0,,2075293,00.html


Un petit extrait traduit en français :
C’est cette France, tant aimée et tant haïe en dehors de l’hexagone que la rhétorique Sarkoziste promet d’abolir. C’est que l’on se plaît tellement à détester les français pour produire la nourriture la plus calorique du monde tout en restant minces, pour être chics au point de rendre ridicule le plus raffiné des anglo-saxons, pour vendre des armes aux régimes les plus suspects tout en critiquant ouvertement l’immoralité de la « Coalition des Volontaires » de George Bush. Or, on se rend compte avec effroi que les français veulent se débarrasser de leurs si pittoresques singularités pour se conformer à ce qu’il y a de plus ennuyeux : la productivité économique. Le discours lugubre de Sarkozy au soir de son élection a fait penser à celui d’un Puritain débarquant du « Mayflower » : « Les français ont décidé de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je vais donc réhabiliter le travail, l’autorité, la morale et le respect». Non, mon petit Nicolas, ne fais pas ça ! N’enlève pas le mot « belle » à ce que nous les anglais appelons « la belle France » (en français dans le texte) ! Ne cherche pas à faire ressembler les français aux anglais! Tu n’aimerais pas le résultat.

 

la Vie Parisienne while London's Calling

La vie à Paris: quelques spectacles; quelques restos; un soupçon de société et de politique (enrichies en environnement); mélanger bien le tout, ne laissez pas reposer; Et hop, vous obtenez la vie à Paris.