Thursday, 19 June 2008


Swindon is our next station stop

A moitié endormi dans le train en route vers Bristol, j’entends le contrôleur annoncer au micro « ladies and gentlemen, Swindon will be our next station stop ». Next station stop ? La formulation me taquine les oreilles. Pourquoi donc ne pas simplement dire next stop? N’est-ce pas dans une gare que les trains sont censés s’arrêter ? Et puis je me dis finalement que l’esprit anglais est très subtil car, par cette expression, le contrôleur a laissé entendre toute l’imprévisibilité des trains de son pays. Petite madeleine de Proust qui me replonge dans mes expériences ferroviaires britanniques...

Il faut avouer qu’en Albion les trains ont une multitude de raisons pour s’arrêter en pleine voie. Traditionnellement, deux excuses – si j’ose dire indéboulonnables – sont les signal failure et point failure (respectivement, incidents de signalisation et d’aiguillage). En seconde position, l’enfer étant les autres, on est souvent retardé en arrivant en gare par un train devant nous qui est lui-même retardé par un train devant lui qui est lui-même, etc.

Le climat est une riche source de retards. En cas de pluie, ce sont les flooding(inondations), qui ont le mérite supplémentaire de ne pas faire partir les trains du tout. Après la pluie, on peut avoir les landslides (glissements de terrain) quand la terre n’a pas encore bien digéré toute cette eau. En automne, des trains sont parfois annulés due to leaves on the tracks (des feuilles sur les voies). En hiver, Railtrack ne donne généralement pas d’explication ; que voulez-vous, l’hiver c’est l’hiver !

Dans la catégorie « rare mais So British », un train annulé à Paddington car ils n’ont pas été en mesure de trouver un conducteur (panne de réveil ? Erreur de planning ?). Dans la même catégorie, le train ne peut plus avancer car le pont soutenant les rails menace de s’écrouler suite à un camion un peu trop gros qui a tenté de forcer le passage sous ledit pont.

Pour finir, une situation Monthy-Pythonesque un vendredi de bank holiday alors que la gare de Bristol Parkway ne voyait plus aucun train ni au départ ni à l’arrivée (après quelques messages contradictoires du personnel, on finit par comprendre que la foudre s’était abattue sur un boitier de signalisation). Je m’en vais enquêter au bureau d’information pour savoir s’il me restait un espoir de rentrer sur Londres. La dame me répondit gentiment : « Well, I can’t obviously tell you what’s going to happen in 20 minutes but... ». Le burlesque de sa réponse me fit sourire. J’avais certes envie de lui répondre « Wait a minute, that’s what you’re paid for! », mais cette dame était compatissante et (malheureusement) sincère donc je me suis abstenu de toute remarque déplacée.

Wednesday, 18 June 2008


L'amour garantie par contrat

Une pub dans le métro londonien affiche sans vergogne son penchant pour le consumérisme sentimental: « Find love or your money back ». Il s’agit de Dating Direct (la version britannique de Meetic) qui donc nous garantit par contrat rien de moins que l’amour. Le "satisfait ou remboursé" pouvait se faire pour les yaourts ou le papier toilette, Dating Direct nous l'offre maintenant pour le big love.

Malheureusement, les termes et conditions ne poussent pas le vice jusqu'à nous définir ce qu'est l'amour. J'aurais aimé savoir comment leur esprit corporate aurait pu trancher sur ce sujet philosophique. Par contre, on nous y explique précisément comment prouver que l'on est en "recherche active" pour sortir du chômage amoureux. Il faut chaque mois et pendant 12 mois envoyer 30 courriels personnalisés et 10 invitations à passer le test "Dating Direct" d'affinité élective, soit 360 CV et 120 demandes de formulaires! Si l'ANPE avait de tels critères pour exclure les demandeurs d'emploi, la France aurait certainement un chômage proche de 0%.

 

La vie à Paris: quelques spectacles; quelques restos; un soupçon de société et de politique (enrichies en environnement); mélanger bien le tout, ne laissez pas reposer; Et hop, vous obtenez la vie à Paris.