Tuesday, 10 July 2007


Le Chanteur de Mexico - Théâtre du Chatelet (1er juillet 2007)

Quel plaisir d’assister à la dernière d’un spectacle car, comme on dirait à la Star Ac’, les artistes peuvent tout donner ce soir là. Peut-être que cette version du « Chanteur de Mexico » comporte quelques faiblesses, mais elle remplit haut la main son contrat puisqu’on en ressort avec l’envie d’y retourner, de (re)découvrir Francis Lopez et de courir acheter le disque.


Le seul désir qui vous entraine
Dès qu’on a quitté le bateau
C’est de goûter une semaine,
L’aventure mexicaine,
Au soleil de Mexico



Mathieu Abelli prend un plaisir fou à être sur scène et à interpréter le chanteur de Mexico. Son enthousiasme et son énergie sont communicatifs. Ce jeune ténor en veut, cela se voit, et c'était un bonheur pour le spectacteur que je suis que de voir un artiste qui montre qu'il est heureux d'être là -- parvenant avec sourire et entrain à bisser son "Rossignol". Il y campe un Vincent léger et fluide qui nous fait apprécier la douceur de chacun des morceaux.

Et puis il y a la partition qui est à tomber ! Je dois avouer qu’a priori, en allant voir le Chanteur de Mexico, je m’attendais à une musique certes agréable mais un brin kitchouille et nostalgique. Quelle délicieuse surprise à l’écoute d’une musique pêchue et ... moderne! Les orchestrations de Thibault Perrine font scintiller la partition tandis que l’Orchestre National d’Ile de France sous la baguette dynamique de Fayçal Karoui nous transporte tout le long du spectacle. Sans oublier les chœurs qui donnent un relief incroyable à « Mexico ». J’exige donc que la production nous sorte rapidement un disque afin de pouvoir savourer encore et encore la réussite des arrangements musicaux.

Les décors kitchs à souhait participent aussi à la réussite du spectacle. Comment ne pas mentionner l’exquise débauche de couleurs du tableau de « Mexico, Mexico ». Malheureusement ce tableau nous est resservi au deuxième acte : si le premier service nous a mis des étoiles dans les yeux ; le second service avait un décevant goût de réchauffé. À côté de cela, le drapé bleu de « Maïtechu » enveloppe poétiquement l’interprétation suave de Matthieu Abelli et la double lune met en valeur le « Ca m’fait quelque chose » de Clotilde Courau.

Bon, il faut bien concéder que cette production du « Chanteur de Mexico » comporte quelques faiblesses. En premier lieu, la mise en scène qui m’a paru trop artisanale, presque parodique. Bien qu’ayant des pointures comme Rossy de Palma, Emilio Sagi est passé à mes yeux à côté du burlesque ou de l’espièglerie… Au point que certains effets m’ont cruellement fait penser à un spectacle de fin d’année estudiantine. Ainsi, le premier acte est bluffant et s’achève sur un « Mexico » jubilatoire, au dépend du second acte qui manquait de rythme alors qu’on attendait un crescendo*. L’espace semble bizarrement occupé et les chorégraphies nous paraissent en demi-teinte, voire bridée.

D’accord, on comprend à peine le quart de ce que dit Rossy de Palma. Mais cela importe-t-il vraiment ? On peut penser en effet qu’au fond dans ce genre d’opérette, l’histoire n’est qu’un prétexte : l’essentiel est l’exubérance, les paillettes, la mélodie. Je crois que c’est plutôt le manque de rythme dans la mise en scène qui nous fait perdre le fil de l’histoire au 2nd acte plutôt que les baragouinages excentriques de Tornada.

Enfin, je me permets tout de même de mettre un carte jaune au public. Je conçois parfaitement que Fayçal Karoui avait l'intention de faire chanter le public pour partager l'ambiance conviviale de cette opérette: c'était au contraire très bien vu. Je ne suis pas non plus regardant sur ceux qui applaudissent systématiquement avant la fin d'un morceau. De là à accepter sans broncher un public qui se permet de sortir appareils photos numériques et autres téléphones mobiles (avec option flash!) pendant la représentation... Je n'aime pas voir une myriade de petits écrans bleus portés à bout de bras pour prendre des photos évidemment minables. Cette ambiance "touriste" dans les salles de spectacle ne préfigure rien de bon (à quand pop-corns et enchiladas pendant les représentations?) et démontre un manque de respect pour les autres spectateurs.

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* comme le dit les paroles de « Mexico » :
Une aventure mexicaine
Sous le soleil de Mexico
Ca dure à peine une semaine
Mais quelle semaine et quel crescendo

Monday, 9 July 2007


À la Recherche de Joséphine – Opéra Comique (23 juin 2007)

Profitons des derniers spectacles abordables à l’Opéra Comique avant que la Saison 2007-2008 ne décuple les prix des places pour avoisiner celui de l’Opéra traditionnel. Et dire que la brochure 2007-2008 nous promeut une salle accessible au « public le plus large » ! Il en sera fini donc des bonnes places à 40 euros pour aller voir des œuvres phares comme « la Périchole » ou « la Veuve Joyeuse ». Je crains que la nouvelle politique tarifaire associée à un choix du programme plus élitiste ne voie sérieusement diminuer la fréquentation de cette salle populaire qui m’a fait passer de formidables moments de divertissement. Allez, j’irai peut-être voir « Porgy & Bess » cette année ; je devrai manger des pâtes à l’eau pendant un mois pour économiser le prix d’une place au poulailler mais bon... On ne sait jamais, peut-être que l’année prochaine ils vont confirmer la tendance et nous proposer des œuvres post-contemporaines Lituano-ouzbèkes pour 150 euros.

Profitant donc des derniers spectacles abordables, je suis allé voir deux fois le baroude d’honneur de Jérôme Savary « Looking for / A la recherche de Joséphine », prolongé en lieu et place de « Carmen 2, le retour ».

Il m’appelle sa p’tite bourgeoise
Sa tonkiki sa tonkiki sa tonkinoise


Lors de la première représentation, je pense que j’étais un peu mal luné : j’avais été un peu rebuté pendant le premier acte par les moments très didactiques et un peu monotones sur l’histoire du Jazz ; je n’avais pas vraiment non plus compris l’intérêt des grossièretés alignées en deux langues pendant le début du spectacle. Mais, la magie de Jérôme Savary et de la troupe dynamique a visiblement fait son effet lors du deuxième acte car j’en suis ressorti avec – oserai-je dire – la banane. La seconde représentation m’a quant-à elle complètement emporté !

On y voit sur scène des artistes complets : de la danse contemporaine et classique, du chant, de la comédie, des claquettes, de la descente de grand escalier, de l’éventail à plume et j’en passe. Merci donc, monsieur Savary pour ce dernier morceau de bravoure à l'Opéra Comique.

 

La vie à Paris: quelques spectacles; quelques restos; un soupçon de société et de politique (enrichies en environnement); mélanger bien le tout, ne laissez pas reposer; Et hop, vous obtenez la vie à Paris.