M'ama, sì, m'ama, lo vedo, lo vedo!
L'oeuvre de Donizetti dans une mise en scène poétiquement champêtre par Laurent Pelly avec Heidi Grant Murphy (Adina), Charles Castronovo (Nemorino), Laurent Naouri (Belcore), Alberto Rinaldi (Dulcamara) ...
C'est la deuxième saison pour cette production de l'Elixir d'Amour. Cette production avait été donnée pour la première fois la saison précédente (mai 2006). Le Monde avait titré pour l'occasion « Un Elixir d'amour populaire jusqu'à la caricature », affirmant même que Laurent Pelly avait raté le tragi-comique. Il est vrai qu'alors, Heidi Grant Murphy (Adina) avait des airs de mama italienne énervée et que Laurent Naouri (Belcore) insistait plus que lourdement sur l'expression de sa débordante libido. Cette année, Heidi Grant Murphy et Laurent Naouri sont restés et ont visiblement adoucit ces traits de caractères. L'Exilir d'Amour crû 2006/07 s'est bonifié en l'espace d'une demi-saison et se boit alors comme un doux nectar.
Tout d'abord, chapeau bas pour l'originalité et la poésie surannée de la mise en scène! L'histoire se déroule dans la campagne italienne des années cinquante. Le premier acte se joue sur un énorme tas de foin à étages occupant pratiquement toute la scène de Bastille. Dulcamara se déplace en camion que l'on pourrait dire "maquillé comme une voiture volée". Et, comble d'émerveillement, une surprise étoilée nous attend même pour le morceau de bravoure de Némorino "Una Furtiva Lagrima".
Charles Castronovo campe un Némorino vif et moderne. Il n'hésite pas en effet à danser ou à courir. Il nous refait même les "dance moves" d'Uma Thurman dans Pulp Fiction (vous savez, quand elle se passe les doigts devant le visage)! Dans son interprétation vocale, Castronovo m'a bien plus convaincu que Paul Groves son prédécesseur. Bon, d'accord, Groves était malade à la première, je vais vite en besogne.
Laurent Naouri est parfait. Il s'impose vraiment sur scène, à la fois vocalement et scéniquement (surtout depuis qu'il mime beaucoup moins la copulation que l'année dernière comme dit plus haut).
Allez, un petit bémol pour Dulcamara dont la prestation m'a paru en dessous de celle de la saison dernière. Il faut dire que le baryton de l'année dernière était vraiment charismatique: sa voix et sa corpulence dominaient toute la scène.
http://www.operadeparis.fr/Saison0607/Spectacle.asp?Id=1012
Wednesday, 17 January 2007
L'Elisir d'Amore (Bastille, novembre 2006)
Posted by
brudav
at
17:25
Labels: Opéra, Spectacles
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